25 juin 2010
Par Annick Montfort – AGEFIPH, Directeur de l’Evaluation et de la Prospective
« Pour les salariés fragilisés par le handicap, la maladie, toutes les études montrent que le travail a un caractère mobilisateur. Ils peuvent faire preuve d’un surinvestissement professionnel : tout se passe comme s’ils devaient en faire plus que les autres : pression du collectif de travail ? Pression exercée par et sur eux-mêmes, pour ne pas se faire remarquer, parce qu’ils estiment avoir la chance d’être en emploi ? Ils ne savent pas l’exprimer. Pour autant, il faut se garder de faire du travail un élément central pour tous : le travail peut être une thérapie, mais l’entreprise n’est pas un lieu thérapeutique. On ne peut pas lui demander de tout réfléchir, la rendre responsable de tout : il y a nécessité d’un travail en commun de tous les acteurs de la santé et du travail, autour de l’entreprise : médecins hospitaliers, du travail, ergonomes, responsables RH, professionnels de l’insertion… pour construire des solutions viables pour tous. L’entreprise a longtemps procédé à des adaptations techniques du poste de travail pour les travailleurs handicapés. Aujourd’hui, les employeurs disent qu’ils peuvent gérer ces situations, ils savent qu’ils peuvent mobiliser des aides. Mais dès qu’il s’agit d’évolutions rapides, d’imprévisibilité, d’adaptation de l’organisation, cela pose un vrai problème.
La problématique déborde largement celle des pathologies chroniques évolutives : comment mieux gérer les ressources humaines dans des contextes (marchés,..) qui évoluent très rapidement, des organisations de plus en plus complexes, qui demandent adaptabilité, polyvalence, responsabilité, voire mobilité professionnelle ? Dans des économies tertiarisées où l’outil de production n’est plus central ? La réflexion sur le handicap, les pathologies chroniques évolutives, constituent le point avancé de la réflexion sur l’organisation du travail ».
15 juin 2010
La Chaire Santé Sciences Po a ouvert un séminaire de recherche depuis janvier 2010 sur « Maladies chroniques et travail : aller au-delà des idées reçues » conduit par le Dr Olivier Obrecht (télécharger le programme). Le fruit des 6 sessions de travail donnera lieu à une publication à l’automne 2010. Ce séminaire est une réflexion pluridisciplinaire, abordant différentes facettes de la problématique. Vous pouvez apporter votre contribution à l’ensemble des sessions de ce Séminaire en postant vos commentaires sur ce blog.
La session du 15 juin 2010 : « L’entreprise confrontée à la maladie chronique (2) : expériences étrangères »
Un pays a engagé depuis les années 90 des réformes de fond de son système d’assurance maladie et d’invalidité : les Pays-Bas. C’est l’un des seuls pays industrialisés dans lequel les absences pour maladie et l’entrée en invalidité ont baissé alors que jusqu’alors les Pays-Bas se caractérisaient par un nombre élevé de personnes invalides. Un des points forts du système est que les employeurs se sont structurés en réseau afin de pouvoir faire face à leurs obligations de réinsertion. Cela leur permet de trouver des solutions de réemploi de leur salarié dans une autre entreprise, si l’évolution des capacités de leur employé le rend difficile dans la leur. Comment d’autres pays européens traitent-ils la problématique de la maladie chronique et de l’emploi ? Peut-on envisager de réorienter, dans le contexte français, certaines prestations ou incitations vers un accompagnement à la requalification ou à la reconversion des malades chroniques pour éviter le cercle vicieux : absences répétées, congé de longue durée, invalidité et sortie définitive des dispositifs de retour l’emploi ?
Les questions à débattre :
1. Une plus grande responsabilité sociale des entreprises françaises est-elle envisageable et à quelles conditions ?
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2. Une intervention précoce et systématique au cours de l’arrêt maladie (à 8 ou 12 semaines) afin de préparer le retour à l’emploi est-elle possible ?
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3. Au côté de l’Assurance Maladie, qui a les moyens d’identifier de manière précoce les arrêts maladie prolongés, quels autres acteurs peut-on mobiliser (médecin traitant, médecin du travail, Agefiph, Sameth, Pôle Emploi…) et quel pilote envisager pour améliorer le dispositif français ?
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4. Les modalités actuelles d’évaluation des demandes d’entrée en invalidité doivent-elles être revues (pluridisciplinarité, grilles d’évaluation…) ?
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Pour participer à la session du 15 juin 2010 et aux sessions précédentes : cliquer ici