« Le travail peut être une thérapie, mais l’entreprise n’est pas un lieu thérapeutique »

Par Annick Montfort – AGEFIPH, Directeur de l’Evaluation et de la Prospective

« Pour les salariés fragilisés par le handicap, la maladie, toutes les études montrent que le travail a un caractère mobilisateur. Ils peuvent faire preuve d’un surinvestissement professionnel : tout se passe comme s’ils devaient en faire plus que les autres : pression du collectif de travail ? Pression exercée par et sur eux-mêmes, pour ne pas se faire remarquer, parce qu’ils estiment avoir la chance d’être en emploi ? Ils ne savent pas l’exprimer. Pour autant, il faut se garder de faire du travail un élément central pour tous : le travail peut être une thérapie, mais l’entreprise n’est pas un lieu thérapeutique. On ne peut pas lui demander de tout réfléchir, la rendre responsable de tout : il y a nécessité d’un travail en commun de tous les acteurs de la santé et du travail, autour de l’entreprise : médecins hospitaliers, du travail, ergonomes, responsables RH, professionnels de l’insertion… pour construire des solutions viables pour tous. L’entreprise a longtemps procédé à des adaptations techniques du poste de travail pour les travailleurs handicapés. Aujourd’hui, les employeurs disent qu’ils peuvent gérer ces situations, ils savent qu’ils peuvent mobiliser des aides. Mais dès qu’il s’agit d’évolutions rapides, d’imprévisibilité, d’adaptation de l’organisation, cela pose un vrai problème.

La problématique déborde largement celle des pathologies chroniques évolutives : comment mieux gérer les ressources humaines dans des contextes (marchés,..) qui évoluent très rapidement, des organisations de plus en plus complexes, qui demandent adaptabilité, polyvalence, responsabilité, voire mobilité professionnelle ? Dans des économies tertiarisées où l’outil de production n’est plus central ? La réflexion sur le handicap, les pathologies chroniques évolutives, constituent le point avancé de la réflexion sur l’organisation du travail ».

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Cet article a été publié le Vendredi 25 juin 2010.
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5 commentaires.

  1. Effectivement le travail peut être une thérapie pour certain, enfin tout dépend aussi du travail si c’est à la fois une passion, en tout cas article très intéressant merci ;)

  2. olympe dit :

    oui,le travail est un élément important de notre
    équilibre mais une thérapie sûrement pas!
    L aménagement de mon poste n a pas engendré de
    baisse de productivité ni d adaptation technique.
    D’autre part aucun absentéisme induisant des coûts pour
    l’employeur.(3Oans d’ancienneté et très peu d’arrêts maladie)
    une thérapie non mais un combat oui car
    j’ai du me battre pour avoir ce poste: On m’a fermement demandé de me mettre en longue maladie en n’hésitant pas au passage de me décrire l’ évolution de la polyarthrite .
    le combat continue car mon directeur et mes cadres de santé ont décidé aujourd’hui que je ferai une semaine d’après midi sur deux.je dois avouer que je ne tiendrai pas la route physiquement,depuis un an je travaille de 7h à 15h j’ai réussi à maintenir un certain équilibre.
    j’ai 49ans je suis aide soignante depuis 1979 dans le même établissement (public)je me tiens à votre disposition si vous avez besoin de plus d informations

  3. mutuelle dit :

    comment considérer le travail comme une thérapie alors qu’au contraire il fatigue ? sinon la vie serait assez simple a vivre

  4. oui ça fatigue plus que ça ne guérit… enfin si il y a un travail qui peut en même temps faire du bien je suis preneur :) ))

  5. le travail ne peut être une thérapie si les expressions telles que, «c’est lassant, «c’est stressant», sont devenues fréquentes et quotidiennes

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LE SEMINAIRE



La Chaire Santé de Sciences Po a conduit un séminaire de réflexion sur les maladies chroniques et le travail.

Conduit par le Dr Olivier Obrecht, ce séminaire découpé en 6 ateliers a réuni des représentants de la sphère publique, professionnelle, médicale et des malades chroniques. Il a conduit à la publication d’un ouvrage « Maladies chroniques : au-delà des idées reçues » (aux Editions de Santé www.editionsdesante.fr/). La Chaire Santé de Sciences Po débattra sur deux propositions issues de ce séminaire lors du colloque du 12 mai 2011.

Pour commander l'ouvrage : editionsdesante.fr ou pressesdesciencespo.fr



L'ETUDE

L’étude « Maladies chroniques et travail » sur les troubles musculosquelettiques (TMS) et les rhumatismes inflammatoires chroniques dans la sphère du travail réalisée par l’institut européen The Work Foundation pose la question :
« Le travail peut-il être à la fois la cause et le remède à la maladie ? »
.


Elle dresse l’état des lieux de l’impact des TMS et des pathologies chroniques rhumatismales : impact humain, économique et social. Elle a été conduite en France et dans 23 autre pays.


Télécharger les rapports français et européen



Pour enrichir l’analyse de cette étude, 16 acteurs des sphères de la santé et du travail ont partagé leur perception sur les enjeux liés aux maladies chroniques et à la vie professionnelle et ont exprimé leurs points de vue et leurs recommandations pour faire évoluer la situation en France. Ces regards croisés ont donné lieu à la publication des « Cahiers des maladies chroniques et du travail ».