TMS : disposer d’outils épidémiologiques performants pour mieux orienter les politiques de prévention

Par le Pr Yves Roquelaure,  Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en santé au travail – Unité  associée InVS, Université d’Angers, France

“Les troubles  musculo-squelettiques (TMS) représentent aujourd’hui l’une des questions les  plus préoccupantes en santé au travail. Ils constituent la première cause de  morbidité liée au travail, morbidité de surcroît largement sous-estimée par  les statistiques de maladies professionnelles, notamment du fait de la  sous-déclaration. Ce phénomène n’est pas propre à la France : presqu’un  travailleur européen sur deux déclare exercer son emploi dans des positions  douloureuses. En 2005, le premier problème de santé imputé au travail dont  souffrent ces travailleurs de l’Union européenne sont les douleurs  rachidiennes, des épaules ou des membres, et les TMS occupent la première  place des maladies professionnelles reconnues dans plusieurs pays d’Europe. Il  est indispensable de disposer d’outils épidémiologiques permettant le suivi au  long cours de populations de travailleurs. Leurs résultats doivent orienter  les politiques de prévention. Le programme de surveillance épidémiologique des  TMS, mis en œuvre depuis 2002 dans les Pays de la Loire, a permis de décrire  plus précisément cette épidémie à l’échelle de l’ensemble de la population  active, d’estimer le poids de l’activité professionnelle dans leur survenue,  mais aussi de mieux connaître le devenir médical et professionnel des sujets  atteints de TMS. Grâce à la participation des réseaux de professionnels de la  santé (médecins du travail, médecins et chirurgiens libéraux, infirmières et  travailleurs sociaux…), ce programme de surveillance épidémiologique doit  contribuer à mieux orienter les actions de prévention durable et de maintien  ou de retour en emploi, face à ce défi de la santé au travail que représentent  les TMS.”

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Cet article a été publié le Vendredi 28 mai 2010.
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LE SEMINAIRE



La Chaire Santé de Sciences Po a conduit un séminaire de réflexion sur les maladies chroniques et le travail.

Conduit par le Dr Olivier Obrecht, ce séminaire découpé en 6 ateliers a réuni des représentants de la sphère publique, professionnelle, médicale et des malades chroniques. Il a conduit à la publication d’un ouvrage « Maladies chroniques : au-delà des idées reçues » (aux Editions de Santé www.editionsdesante.fr/). La Chaire Santé de Sciences Po débattra sur deux propositions issues de ce séminaire lors du colloque du 12 mai 2011.

Pour commander l'ouvrage : editionsdesante.fr ou pressesdesciencespo.fr



L'ETUDE

L’étude « Maladies chroniques et travail » sur les troubles musculosquelettiques (TMS) et les rhumatismes inflammatoires chroniques dans la sphère du travail réalisée par l’institut européen The Work Foundation pose la question :
« Le travail peut-il être à la fois la cause et le remède à la maladie ? »
.


Elle dresse l’état des lieux de l’impact des TMS et des pathologies chroniques rhumatismales : impact humain, économique et social. Elle a été conduite en France et dans 23 autre pays.


Télécharger les rapports français et européen



Pour enrichir l’analyse de cette étude, 16 acteurs des sphères de la santé et du travail ont partagé leur perception sur les enjeux liés aux maladies chroniques et à la vie professionnelle et ont exprimé leurs points de vue et leurs recommandations pour faire évoluer la situation en France. Ces regards croisés ont donné lieu à la publication des « Cahiers des maladies chroniques et du travail ».